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Saturday, April 02, 2005

A réduire.



Aquarelle noir et blanc sur contre-collé.
Collection privée-France 40x30 cm

Au changement de quart les tribordais grimpent dans le géement à serrer le petit hunier. Les doigts sont gelés et ont du mal à crocher la toile alourdie par les embruns, la pluie, le gel. Cette eau qui pénètre partout, par le col, les manches. Il faut lutter contre cette voile qui se débat à vous en arracher les mains quand ce n'est pas à vous flanquer à l'eau. Les pieds calés sur le filin d'acier du marche-pied, l'estomac reposant sur le fût de la vergue, les gabiers, buste dans le vide énorme, tentent de maîtriser la voile folle. Ne pas tomber. "Rien par delà mon front que la pointe du mât avec sa pomme roulant dans le vide effrayant du ciel. L'échelle des anges commence là pour ceux qui lâchent les mains et vont se casser la gueule à soixante mètres plus bas". (Henri Jacques-Cap Horn). En dessous la mer embarque et ne quitte plus le pont. Les sabords de déchargeage dégueulent sans discontinuité une écume blanche.
Après 24 heurs de fracas, le calme succède à la tempête, mais sous ces latitudes ce n'est souvent que provisoire. On se souvient encore du trois-mâts barque "Suzanna" de Hambourg, qui, chassé par un ouragan de Nord-Ouest mettra cent jours pour doubler le Cap.

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